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dimanche 06 avril 2008

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Voici les sites qui parlent de Droit du sol et violation des droits de propriété par les élus politiques: un exemple :

Commentaires

Philippe Jaunet

Je ne pense pas que Mr Jouventin soit coupable de porter en lui les germes de l’étatisme ambiant ; il est bien des cas dans lesquels l’intérêt public doit primer sur l’intérêt privé – simplement parce que l’intérêt public (qui n’est pas ce prétendu « intérêt général » que prétend incarner l’Etat...) consiste en la juxtaposition des intérêts privés, et en leur nécessaire arbitrage.

Par exemple, trois maisons. Celle du milieu, mal entretenue, menace de s’écrouler. Faut-il attendre qu’elle s’écroule pour faire jouer la responsabilité du propriétaire peu consciencieux (sur le fondement de la responsabilité des choses ?), ou ne peut-on agir de manière préventive et faire raser la ruine avant qu’elle ne... ruine justement les maisons avoisinantes ?
Dans ce cas, l’intérêt général n’est pas celui du propriétaire défaillant, mais... celui des 2 autres propriétaires. C’est la bonne vieille théorie des abus de droit.

Non, ce qui est résolument choquant dans notre pays c’est l’absence de pouvoir réel du juge (qu’il soit judiciaire, enfermé qu’il est dans la législation du Code de l’expropriation – ou administratif, la méthode du coût bilan avantage qu’il utilise étant souvent plus proche du contrôle « minimal » que d’un véritable contrôle de proportionnalité).

Tant que les juges ne pourront pas véritablement se positionner sur la question de savoir si l’utilité publique est avérée ou non... l’administration sera libre de faire quoi que ce soit.

Au nom de la lutte contre la spéculation, l’exproprié ne recoit que des clopinettes au moment de l’indemnisation... et les maires peuvent, tranquillement, se faire bien voir de leurs électeurs, des administrations centrales, des offices HLM et des associations écologistes, d’autant qu’ils ont eux la possibilité – certes officieuse – de « spéculer ».

C’est cette inégalité flagrante qui doit être condamnée.

Cordialement

Philippe

J’avais oublié de préciser que le droit national semble pour le moins contraire à un bon nombre de garanties procédurales – le fameux "fair trial" garanti dans les pays de common law – que les juges de Strasbourg ont pour mission d’assurer le respect.

Il a été récemment jugé, au cas d'expropriation partielle de terrains agricoles, la Cour européenne des droits de l'homme considère que le propriétaire agriculteur est en droit de solliciter, et alors même qu'il n'aurait pas demandé l'emprise totale, une indemnisation pour la perte de son outil de travail. La Cour tire cette conséquence du droit de toute personne au respect de ses biens tel qu'il résulte de l'article 1 du Protocole n° 1 à la Convention européenne des Droits de l’Homme.

Comme l’affirme le professeur Hostiou, « Cette décision de la Cour européenne des droits de l'homme constitue (...) une première. Tout laisse à penser (...) qu'elle pourrait être suivie de bien d'autres dans la mesure où nombreuses sont les dispositions du Code de l'expropriation « à la française » qui mériteraient, semble-t-il, d'être « revisitées » à la lumière de la Convention. »

Comme quoi, c’est bien avec le droit que l’on pourra, à terme, contenir l’Etat.

René HOSTIOU, La Cour européenne des droits de l'homme et l'évaluation du préjudice consécutif à l'expropriation de terrains agricoles, note sous l’arrêt CEDH 22 avril 2002 Lallement c/ France, AJDA 2002, p. 686.

kiwiouioui

Merci beaucoup pour cet article! Fait qu'on oublie souvent - le recours obligé au crédit immobilier pour pouvoir se reloger, en attendant que la mairie veuille bien payer, et ce 1 an avant ma toute petite retraite qui ira directement à la banque. Mais que ne fait-on pas "au nom du peuple français" n'est-ce pas...

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    Liberté Chérie

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