Intéressant billet de Guy Sorman sur les mutations de l'économie chilienne, et sur les réformes libérales-sociales (voir définition) inspirée des préceptes de Milton Friedman et l'école de Chicago.
Mais , comment redistribuer sans briser, par un excès de dépenses publiques, l’ascension économique des entreprises ? Par l’application généralisée de la théorie de Milton Friedman sur les vouchers ( un bon public ) : en soutenant la demande des individus plutôt que l’offre de services publics .
En pratique, en matière scolaire, chaque famille nécessiteuse, reçoit un voucher qui permet de choisir l’école privée ou publique de son choix (système expliqué ici). La formule, en principe juste et égalitaire, marche mal parce que le montant du voucher est insuffisant pour accéder aux écoles privées mais aussi parce que les écoles publiques refusent de publier leurs résultats : le choix des familles est donc illusoire.
Aïe. Le voucher mis en échec ? Comme quoi sans une mise en pratique rigoureuse, les meilleures théories ne valent rien. Mais heureusement, dans le domaine qui me préoccupe:
La méthode s’avère plus efficace pour l’accès au logement social : une garantie apportée par l’Etat aux plus humbles, permet d’accéder à des crédits hypothécaires et d’acquérir un logement sur le marché privé. L’Etat ne construit donc pas des logements sociaux , il n’en attribue pas, (pas de clientélisme ) , il n’alourdit pas la dépense publique, il n’est pas bâtisseur.
Je n'avais pas l'exemple chilien, que je ne connaissais pas, en tête quand je me suis lancé dans l'écriture de "Logement, crise publique, remèdes privés". Mais j'y suis tout de même l'avocat d'une telle réforme, que dis-je, d'une telle révolution conceptuelle en France: aider les individus, au moment où leurs revenus le justifient, à accéder aux prestations du marché privé, plutôt qu'aider des bureaucraties à se transformer en logeurs subventionnés, ce qu'elles sont condamnées à faire mal. Je cite à nouveau ce paragraphe de Joseph Comby, rédacteur en chef de "études foncières" (déjà posté le 24 octobre):
Ce n'est pas le logement qui est social mais les conditions de son financement. Parler de logement social est un abus de langage qui conduit à des erreurs d'appréciation sur ce que devrait être une politique sociale du logement. Celle ci (...) devrait d'abord viser à assurer des conditions de logement minimales à toute la population qui en est exclue. Il faudrait expliquer, sinon, comment, avec 20% de logements aidés, on pourrait loger les 80% de la population qui satisfont aux critères d'admission : a-t-on autre chose à proposer que des procédures de sélection correspondant à différents types de clientélismes ?
Ne serait il pas plus raisonnable d'utiliser tous ces crédits pour aider les ménages à se loger plutôt que d'aider les logements ? Question vieille de 30 ans mais que l'on se refuse toujours à aborder clairement.
"Que l'on se refuse d'aborder clairement"... Et pour cause: même Raymond Barre, pourtant auteur en 1975 d'un rapport qui ne disait pas autre chose, a du s'incliner devant le lobby des offices HLM une fois premier ministre, et n'implémenter qu'une demi réforme des aides au logement qui s'est révélée au final peu opérante. Je crains que l'exemple Chilien soit insuffisant pour convaincre les Français d'en finir avec le système totalement perverti du logement social subventionné...




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